Pâques : chez le chocolatier Bonnat, 90 % des ventes sont des moulages inchangés depuis deux siècles

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Dans les ateliers Bonnat, à Saint-Étienne-de-Crossey, Pâques sent fort le chocolat, le vrai. Ici, les œufs, les poules et les fritures ne sont pas de simples friandises. Ce sont des gestes anciens, répétés avec soin, comme si le temps lui-même avait gardé la recette.

Une période folle, mais très attendue

Pour une chocolaterie, le week-end de Pâques n’est pas un moment comme les autres. C’est même l’un des plus intenses de l’année. Les machines tournent, les équipes s’activent et les commandes partent par caisses entières.

Chez Bonnat, cette période représente environ 15 % du chiffre d’affaires annuel. C’est beaucoup. Et pourtant, tout se fait dans une ambiance presque calme, portée par l’odeur dense du cacao et par des gestes précis.

La demande arrive souvent très tard. Les clients attendent les derniers jours pour acheter leurs chocolats. Résultat, l’atelier se retrouve dans un vrai sprint de fin de semaine.

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Des moulages qui traversent les siècles

Le plus surprenant, c’est peut-être cela. 90 % des ventes de Pâques chez Bonnat sont des moulages presque inchangés depuis deux siècles. Oui, deux siècles. Les formes bougent peu. Et c’est justement ce que les clients aiment.

Les œufs, les poules, les poissons ou les coquillages rassurent. Ils réveillent un souvenir d’enfance. Ils donnent l’impression que Pâques doit rester simple, généreux, familier. Pas besoin de tout réinventer pour faire envie.

Dans une vitrine, certains moules en métal ont près de 178 ans. D’autres datent de 1880. Ils racontent une histoire artisanale très forte. On y voit une époque où chaque détail comptait déjà.

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Le chocolat, entre tradition et machines modernes

Dans l’atelier, la fabrication mélange vieux savoir-faire et outils récents. Aujourd’hui, les moules en métal ont souvent été remplacés par des moules en silicone ou en matériaux modernes. C’est plus pratique, plus souple, et cela aide à produire davantage sans perdre la finesse du rendu.

Mais certains moules anciens servent encore. Ils restent utiles pour quelques productions spéciales. Ce mélange entre héritage et modernité donne du caractère à la maison Bonnat. On n’est pas dans une usine froide. On est dans un lieu vivant, où la tradition continue de travailler.

Le chocolat utilisé pour les moulages n’est pas le même que celui des tablettes grand cru. Pour Pâques, il faut surtout du chocolat de couverture, plus adapté aux formes creuses et aux grandes séries. C’est moins visible pour le client, mais essentiel pour obtenir un bon résultat.

Ce qui se fabrique vraiment pendant Pâques

Dans les salles blanches de l’atelier, les équipes remplissent des plaques, démoulent des bonbons et surveillent les machines. On y produit notamment de la petite friture de Pâques, ces petits morceaux de chocolat en forme de poisson ou de coquillage.

Chez Bonnat, les volumes sont impressionnants. En chocolat noir à 65 %, la production approche les 500 kg de friture. En chocolat au lait, elle tourne autour de 300 kg. Ce sont des quantités qui parlent d’elles-mêmes. On comprend vite pourquoi les journées sont bien remplies.

Une autre salle est consacrée aux bonbons de chocolat. On y démoule par exemple des “Breizh-maya”, avec du caramel à l’intérieur. Là encore, tout repose sur la précision. Un chocolat mal coulé, et tout le travail perd en netteté.

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Un thème moderne pour garder la magie

Même dans une maison très attachée au patrimoine, il faut parfois surprendre. Bonnat propose donc chaque année un thème plus actuel. En 2026, ce sont les poussins pirates. Le nom amuse, et l’idée attire l’œil.

C’est malin. Car Pâques a besoin de cette petite étincelle. Les enfants aiment être surpris. Les adultes aussi, finalement. On peut adorer les formes classiques et avoir envie, en plus, d’un détail un peu plus drôle ou inattendu.

Ce genre de création montre que le chocolat de Pâques n’est pas figé. Il avance doucement, sans renier ce qui fait son charme. Et c’est sans doute pour cela qu’il plaît toujours autant.

Un métier qui garde une âme d’enfant

Chez Bonnat, Pâques n’est pas seulement une affaire de production. C’est aussi une affaire de souvenirs. Plusieurs salariés racontent qu’enfant, ils faisaient eux-mêmes la chasse aux œufs. Aujourd’hui, ils aident d’autres enfants à vivre ce moment.

Le patron, Stéphane Bonnat, garde lui aussi cet esprit. Chaque année, il organise une grande chasse aux œufs dans le Pays voironnais. Dix cachettes sont réparties sur 30 km. À chaque découverte, un moulage de Pâques est offert.

C’est le genre d’initiative qui change tout. On ne parle plus seulement d’un produit vendu en magasin. On parle d’un souvenir partagé. Et souvent, c’est cela qui reste le plus longtemps en mémoire.

Des prix du cacao sous tension

Derrière la gourmandise, il y a aussi une réalité plus dure. Depuis 18 mois, le prix du cacao a été multiplié par six. C’est énorme. Et cela complique la vie des chocolatiers, même des plus solides.

Augmenter les prix à la même vitesse est presque impossible. Les clients le ressentiraient trop fortement. Alors les artisans cherchent l’équilibre. Ils absorbent une partie du choc, ajustent certains choix, et continuent malgré tout à produire un chocolat de qualité.

Cette hausse rend Pâques encore plus précieuse. Elle rappelle que derrière un simple moulage de poule, il y a des achats de matières premières, des heures de travail et un vrai savoir-faire. Rien n’est automatique.

Pourquoi Pâques reste un moment si fort

Pâques touche quelque chose de très simple. Le plaisir d’offrir. Le plaisir de cacher. Le plaisir de chercher. Et, bien sûr, le plaisir de croquer un bon chocolat au bon moment.

En France, les dépenses de chocolat pour Pâques dépassent souvent les 300 millions d’euros. Cela montre à quel point cette fête compte encore. Malgré les habitudes qui changent, le chocolat garde une place à part.

Chez Bonnat, cette force vient de la fidélité aux formes anciennes, mais aussi de l’énergie des équipes. Les ateliers tournent, les moules se remplissent, les enfants attendent. Et quelque part, c’est rassurant de voir qu’un simple œuf en chocolat peut encore faire autant d’effet.

Christophe Delaunay
Christophe Delaunay

Je vis a Lyon et j'ai passe 11 ans entre cuisine de brasserie et selection de produits chez des artisans du Rhone. J'ecris surtout sur les saveurs du quotidien, les adresses serieuses et l'actualite gastronomique locale. Je prefere les faits simples aux effets de manche.

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